Marie Joseph Angélique
Marie Joseph Angélique c’est le nom donné en Nouvelle-France, c'est-à-dire au Québec, à Montréal, à une esclave noire née à Lisbonne au Portugal de parents eux-mêmes esclaves.
Marie Joseph est née vers 1710. Son histoire fait couler beaucoup d’encre au Canada et c’est pour cela que j’ai eu envie de la partager avec vous…..
Marie Joseph est entrée dans l’histoire de Montréal par une tragédie. Elle y a été vendue comme esclave à François Poulin de Francheville, propriétaire des Forges de Saint-Mauricee à sa femme Thérèse de Couagne. Elle est baptisée à Notre-Dame-de-Montréal le 28 juin 1730. C’est à ce moment-là qu’elle reçoit son nom d’esclave.
En fait sa maîtresse la nomme Angélique en souvenir de sa première fille décédée.
Oui et elle est à leur service pendant plus de dix ans. Elle fréquente là Jacques Ignace, un esclave voisin qui serait le père de ses trois enfants tous morts en bas âge. Elle rencontre alors un français, Claude Thibault dont elle tombe amoureuse.
C’était un condamné à mort en exil au Canada par décision du roi de France.
On est quasiment sûr qu’il venait de Butenne, un hameau situé entre l’Alsace et la Franche-Compté. Il vit de petits métiers à Montréal quand il est embauché chez la maîtresse d’Angélique.
Elle caresse avec lui l’idée d’une éventuelle liberté car elle supportait de moins en moins les mauvais traitements de son maître. Elle croit que sa situation va s’améliorer quand son maître décède mais… Seulement tous ses rêves s’envolent en fumée quand le 10 avril 1734, un incendie ravage en moins de trois heures toute la rue Saint-Paul, détruisant 45 maisons et l’Hôpital de la ville. Evidemment la maison de sa maîtresse est détruite par le feu.
La population de Nouvelle-France cherche un coupable et c’est Marie Josèphe qui est désignée. Son amant Claude Thibault s’enfuit et la laisse seule clamer son innocence. Des témoins assignés à comparaître lors du procès, une vingtaine en tout, avouent qu’ils ne l’ont pas vue mettre le feu mais l’ accusent néanmoins. La nièce de sa maîtresse, une petite âgée de cinq ans viendra tardivement déclarer qu’elle a vu « la négresse monter au grenier avec du feu sur une pelle».
L’administration coloniale avait toujours prétendue qu’elle avait mis le feu soit par pure méchanceté soit pour couvrir sa fuite avec son amant alors-que lors de son arrestation, elle gardait les meubles de sa maîtresse dans le jardin de l’Hôpital.
Marie-Joseph est donc à partir de ce moment-là forcée à avouer son crime sous la torture. Elle craque et dit ce que les accusateurs attendent d’elle.
On la condamne donc à la pendaison, elle est ensuite brûlée le 21 juin 1734 au milieu de la rue Saint-Paul, où la potence avait été dressée. Ses cendres furent dispersées au vent selon la coutume de l’époque. Elle avait 24 ans.
8 ans plus-tard, en mai 1742, les religieuses donnent son nom à la nouvelle cloche de l’église.
En 2002, lors de l’exposition Mémoire vive de Montréal, une installation Angélique 1734 a été présentée au public.
Pour Marie Joseph Angélique, une plaque commémorative a été dévoilée au musée d’archéologie de Montréal en février 2004. Et en Avril 2006 la gouverneure générale du Québec, Michael Jean lui a rendu un hommage public.
L’historienne Denyse Beaugrand-Champagne a écrit un livre en 2004 paru à la Nouvelle expression, qui relate les faits mais aucun montréalais ne peut dire avec certitude aujourd’hui que Marie Joseph Angélique était coupable car personne n’avait véritablement vue l’esclave noire mettre le feu à Nouvelle France.