Marie–Hélène Ngoa
Une belle histoire humaine incarnée par la seule femme blanche élue maire dans une ville africaine.
C’est un peu bienvenue chez les chtis en Afrique centrale !!!
Cela se passe au Cameroun, plus précisément à Akono, une commune de 18 000 habitants située à 60 km de Yaoundé la capitale du Cameroun. Marie –Hélène Ngoa, une chti de valenciennes est maire d’Akono depuis 2007.
Marie Hélène nait de Monsieur et madame Guislain, le 14 janvier 1941 à Nogent sur Marne en région parisienne. Elle est éduquée dans une famille du nord de la France, catholique et conservatrice.
En fait, au départ, ses parents voulaient qu’elle fasse du piano au conservatoire de Valenciennes, et envisageaient pour leur fille une grande carrière dans la musique classique. Mais à l’institution catholique de Saint Bord, Marie Hélène obtient son bac à l’âge de 16 ans dans la série Mathématiques élémentaires et entre à l’université de Lille pour poursuivre ses études en Mathématiques appliquées à la faculté de sciences.
Elle fait partie de la première promotion des calculs et programmation, aujourd’hui appelée Informatique. Elle est la première femme qui parle de logique algorithmique et de programmation au Cameroun.
En fait en 1963, elle rencontre, Henri Ngoa, jeune étudiant camerounais en sociologie et psychologie sur le campus... C’est le coup de foudre mais la jeune femme se heurte à l’incompréhension de son entourage. Elle vit les peurs, les appréhensions, les préjugés aussi. Et pour faire taire ses ardeurs, ses parents l’expédient en Angleterre en 1965, mais de retour du Royaume-Uni quelques mois plus-tard, elle décide d’épouser contre leur gré, Henri Ngoa. Elle effectue auparavant un voyage au Cameroun dans le village de celui-ci à Nkol Nlong, à 18 km d’Akono.
Première rencontre avec sa future belle-famille, c’est la sœur d’Henri qui l’accueille à Yaoundé.
Mais à Nkol Nlong, elle vit une toute autre réalité pendant près de deux mois, découvre la vie en pleine forêt équatoriale avec moustiques, manque d’eau courante et absence d’électricité. Pourtant, Marie-Hélène rentre en France plus déterminée que jamais à épouser son Henri. Alors, le 5 février 1966, le maire de Lille unit les jeunes gens. Le mariage religieux est célébré dans une petite église lilloise avec le soutien de la communauté camerounaise et de quelques amis et cousins français. Commence donc leur nouvelle vie…
Marie Hélène prépare sa thèse et s’inscrit à Jussieu où elle obtient un doctorat de troisième cycle avec mention très Honorable en 1968. Novembre 1968, les Ngoa rentrent au Cameroun. Par chance, Elle y intègre la fondation française de l’enseignement supérieur en tant qu’assistante enseignante de mathématiques.
Elle poursuit sa carrière en tant qu’enseignante au Cameroun même après le décès de son mari Henri en 1975, qui dit-elle, a toujours su la protéger. Ils ont 5 enfants. Elle travaille à l’université catholique d’Afrique centrale, dès sa création en 1991. Elle y conçoit les programmes en informatique et supervise l’informatisation du campus dès 1994. A 67 ans, elle se dit justement arrière-arrière-grand-mère de l’informatique au Cameroun.
Comment parvient-elle à être élue Maire d’Akono ?
En fait, de 1996 à 2002, elle devient 2ième adjointe au maire d’Akono. Mais elle est déçue par l’expérience. En 2002, elle crée donc sa propre liste et est battue au profit de son maire. En 2007, ses anciens colistiers la persuadent de se représenter et cette fois-là elle gagne, elle devient ainsi la première femme blanche, maire d’Akono le 31 juillet et mène de front plusieurs chantiers. Ceux entamés par son association camerounaise Amitié et partage avec Akono en 2002. Plusieurs domaines : la santé, l’éducation, économie et l’infrastructure sont organisés en comités. Elle vient de lancer l’ouverture de 4 marchés communautaires, Mfida, Fegmimbang, Ngamba et Okombé .Marie-Hélène Ngoa est officier de l’ordre national camerounais de la Valeur et chevalier de l’ordre des Palmes académiques.