Salou Casaïs
Salou Casaïs est la fille d’un couple de notable de l'empire Gao actuellement appelé Mali.
Au 15ième siècle, Salou était la première africaine à effectuer le long voyage entre Sahara et mer méditérrannée non pas comme esclave mais pour suivre son mari, Anselme d’Isalguier, français originaire de Toulouse.
Salou effectue cette traversée en pleine période de guerre entre le royaume Songhai et l’empire du Mali.
En fait, au même moment, se déroulait la guerre des cent ans contre l’Angleterre.
Anselme, botaniste, part en Afrique après la mort de son père Jacques d’Isalguier, haut magistrat toulousain, tombé sous l’arc d’un soldat. Il débarque à la lisière du fleuve Sénégal puis suit la route du commerce caravanier et arrive à Gao. Il apprend et parle couramment dioula, l’arabe et le turc.
C’est dans un marché de Gao qu’il rencontre Salou Casaïs pour la première fois. Il est ébloui par sa beauté mais la jeune femme paraît inaccessible.
Surtout qu’il ne peut oser l’aborder car en terre musulmane,, il risque la peine de mort il vient à offenser une femme de haut rang.
Salou est une orpheline d’une famille royale songhai, elle vit chez son oncle paternel, un homme riche et très respecté dans la cité. Elle est l’un des plus beaux partis de Gao. Et c’est elle qui finalement organise la rencontre entre Anselme et sa famille.
En fait elle se renseigne d’abord sur lui par sa servante, auprès des commerçants et des habitants de Gao. Rassurée par, elle convainc son oncle d’inviter l’étranger chez eux. Puis elle multiplie les occasions de le revoir. Et au bout de quelques mois, le mariage est organisé et célébré avec le faste et le cérémonial qu’exige son rang et la tradition musulmane.
Les époux vivent pendant huit ans à Gao, ils ont une première fille, Marthe. Salou aide son mari dans la rédaction d’un ouvrage de géographie consacré à l’empire du Mali, et aussi à l’élaboration d’un dictionnaire français-latin-songhai.
Quand Anselme commence à ressentir le mal de la France, il demande à sa femme de l’y suivre. Salou sait que sa famille sera contre… Alors, les époux et leur fille partent clandestinement pour Toulouse, passent par l’Algérie, puis la Tunisie.
Mais entre la Tunisie et la Sicile, leur bateau essuie une tempête et est attaqué par des pirates catalans.
Ceux-ci enlèvent Salou et ses deux servantes pour les vendre comme esclaves.
Les otages réussissent heureusement à s’enfuir avec un canot et partent s’échouer sur une île et devinez quoi !!!! Le bateau français y est amarré pour réparations des dommages causés par la tempête.
Ce sont donc les retrouvailles !
En 1443, Salou, Anselme, leur fille Marthe et leurs domestiques arrivent au port de Marseille. Ils prennent la route pour Toulouse. Salou y est baptisée selon la religion chrétienne mais n’est pas vraiment acceptée par la noblesse de la province toulousaine. Salou passe donc son temps entre la paroisse et son château à aider la communauté chrétienne et son mari à finaliser ses ouvrages.
Elle mène une vie de recluse avec ses trois enfants et son mari. Sa fille aînée Marthe épouse un jeune toulousain, le chevalier Eugène de Faudoas, ses deux autres filles perdent leurs fiancés à la guerre et entrent au couvent.
A la mort d’Anselme, Salou entre à son tour dans un couvent de la région et y reste jusqu’à la fin de ses jours.