Madikizela Mandela (Winnie)

Publié le par Eva

Son vrai nom est Nomzano Winifred Madikizela, son nom xhoxa est Nkosikazi Nobandle Nomzano Madikizela.

Elle est née le 26 septembre 1936 à Bizana dans le district de Pondoland, dans le Transkei en Afrique du Sud. C’est l’actuel Cap Oriental.

Winnie est considérée  par beaucoup de sud africains comme la mère de la nation. Elle est la fille d’un professeur d’histoire. Elle a quitté son Transkei natal en 1953 pour étudier la pédiatrie à Johannesburg. Trois ans plus tard elle rencontre Nelson Mandela, qui à l’époque était un activiste des droits de l’homme en Afrique du Sud. Il devient son mari en 1958, elle était sa deuxième épouse.

Elle accompagne son mari dans toutes les réunions antiapartheid organisés par l’Anc, l’African national congress alors principal mouvement contre la ségrégation dans le pays.

 

Ils voyagent ainsi à Londres, Alger, Addis-Abeba, Lusaka, Dar es-Salaam, AccraA cette  époque-là elle obtient son diplôme en relations internationales de l’université de Witswatersrand.

Lorsqu’en 1962 son mari Nelson Mandela est emprisonné à Robben Island, elle continue la lutte auprès des ténors de l’Anc. Lorsqu’elle est enfermée à son tour pendant 17 mois entre 1969 et 1971, elle en devient même une icône.

Assignée à résidence à Brandfort par le gouvernement d’Afrique du Sud de 1977 à 1985, elle n’est autorisée à voir son mari que deux fois par an.

Cette séparation forcée marque le début de son radicalisme. Lors de discours, on l’entend dire un boer, une balle ou encore  comme le 13 avril 1985, elle affirme que les traitres noirs doivent mourir.

 

C’est la fameuse période du supplice du pneu enflammé. Sort réservé à Stompie Moketsi, jeune adolescent, soupçonné d’espionnage au profit du gouvernement ségrégationniste.

 

Quand Nelson sort de prison en 1990, l’harmonie du couple est entamée. En 1991, il la soutient néanmoins lors du procès intenté contre elle par la justice sud-africaine. Elle écope d’une amende en appel. En avril 1992, l’annonce de la séparation fait frémir tout le pays. Winnie et Nelson Mandela divorcent en Mars 1996.

Elle décide alors de se faire appeler Madikizela Mandela. De 1993 à 1997 elle dirige la ligue des femmes de l’Anc. En mai 1994 lors de l’élection de son ex-mari à la présidence de la république d’Afrique du sud, est nommée  vice-ministre des arts, de la culture, de la science et des technologies. Mais près d’un an après, elle démissionne suite à des accusations de corruption.

En 1997  lors de la commission Vérité et réconciliation, son nom est encore cité dans l’affaire Stompie Moketsi.

 

 

Après de l’assassinat de Marike de Klerk, épouse de l’ancien président blanc d’Afrique du sud, elle se dit affligée.

 

En 2003, la justice la reconnaît coupable de fraude fiscale, délit d’initiés et la condamne à 5 ans de prison dont un avec sursis.

Sa peine est par la suite ramenée à huit mois d’incarcération et à 3 ans et 4 mois de travaux communautaires. Madikizela Mandela fait appel de la décision et l’appel est suspensif. Après ces condamnations, Madikizela Mandela démissionne des ses fonctions de députée, de présidente de la ligue des femmes de l’Anc et de haut membre du parti.

Pendant les débats qui suivent ce énième procès contre l’ex femme de Mandela, des voix s’élèvent contre, je cite le racisme viscéral d’un système judiciaire toujours contrôlé par les blancs. D’autres la considèrent comme l'incarnation d'une blessure collective... »

Aujourd’hui, l’ancienne maison familiale des Mandela est transformée  en musée à Soweto.
Le Mail and Guardian l'a  surnommée la « Mohamed Ali de l'ANC » à cause de sa capacité à encaisser les coups et à revenir sur le devant de la scène .

 

En mai 2008, Madikizela Mandela accueille dans sa maison, une famille congolaise victime des violences xénophobes qui ont fait 56 morts en deux semaines en Afrique du Sud.

 

 

 

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Publié dans REINES D'AFRIQUE

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