Sita Bella
Sita Bella, C’était la première femme journaliste, cinéaste et pilote au Cameroun. Née en 1933, elle est décédée à Yaoundé le 27 février 2006 des suites complications post-opératoires. Elle était dans une famille beti, dans la région du sud du Cameroun.
Thérèse Bella Mbida, c’était son vrai nom avait subi une opération du cancer du côlon.
Très jeune elle commença ses études auprès des missionnaires catholiques. Après son Baccalauréat obtenu au milieu des années 50 au Lycée Général Leclerc, elle part poursuivre ses études en France.
Dans l’hexagone, elle apprend les lettres classiques puis effectue une formation de journalisme dans l’une des écoles les plus prestigieuses de Paris. C’est dans la même école qu’elle prend goût à l’audiovisuel.
Et ce n’est donc pas par hasard qu’elle s’essaye à la cinématographie.
Oui en tant que cinéaste, même s’il est difficile aujourd’hui de lui attribuer une grande réalisation. Elle a réalisé en 1963 Tam-Tam à Paris, un documentaire de 30 minutes sur les danses traditionnelles camerounaises.
Je vous disais qu’elle était la première femme pilote d’ aéronef du Cameroun, alors- même que, rares étaient les hommes qui osaient embrasser une carrière dans l’aéronautique.
. Elle a obtenu son brevet de pilotage en France.
C’était une véritable avant-gardiste, pionnière de plusieurs domaines d’activité au cameroun.
Après les indépendances ses prises de position, lui valaient une réputation de grande polémiste. Son cheval de bataille c’était la justice et la lutte contre les inégalités. Mais on peut dire que la vie ne lui a pas souri.
Rentrée au Cameroun dans les années 60, elle est engagée comme journaliste au ministère de l’Information et de la culture, puis à la direction de la cinématographie.
Elle est poussée à la retraite à 57 ans, début des années 90. Avec sa maigre pension de fonctionnaire, elle décide donc de créer un magazine mensuel de la culture et du show Biz. Mais faute de financement, « Stars », disparaît rapidement des étals de librairies.
Découragée par cet échec, elle décide alors de devenir bénévole dans un centre d’accueil de vieillards à Yaoundé et d’y vivre. Elle n’avait pas d’enfant. C’est là qu’elle tombe malade. Opérée d’un cancer du côlon à l’hôpital central de Yaoundé, elle fait une hémorragie après l’intervention et meurt à l’âge de 73 ans dans le dénuement. Elle est enterrée au cimetière de Mvolyé à Yaoundé.
Sita Bella était une femme respectée dans la profession, et pleine d’abnégation. Elle était très sollicitée par les jeunes ou futurs journalistes et donnait ici et là au Cameroun des conférences.
En 2004, elle avait représenté Sembene Ousmane pour la remise de l’écran d’Honneur lors du Festival Ecrans noirs qui se tenait à Yaoundé.
Sita Bella, première femme journaliste du Cameroun avait commencé à rédiger ses mémoires, mais malheureusement c’est un ouvrage qui n’est pas arrivé à son terme à cause de son décès.