AFRICAN DREAM
Au contraire, il doit faire face aux assauts répétés de clandestins et de sans papiers qui, faute d’avoir pu obtenir de quoi atterrir en règle, sur nos vertes prairies, usent de tous les stratagèmes pour fouler le sol de cet eldorado. «Africa paradis» est, sans conteste, une exaltante histoire, de celles que l’on caresse comme le rêve qui se brise, une fois l’aube levée. Mais quel magnifique rêve, tout de même!
Et si finalement ce n’est pas qu’un rêve? Et si cette Afrique suscitée et souhaitée est là, dans les cœurs et dans l’innocence d’enfants qui ne voient pas la beauté dans les gratte-ciels et autres autoroutes, mais plutôt dans cette absence de chaleur qui, bien souvent, là-bas, jette les gens dans une symphonie décadente d’esseulement atroce? Et si, finalement, il existe bel et bien en Occident, ce rêve d’Afrique, ce besoin de chaleur et d’humanité?
Au-delà du caractère peut-être puéril de l’affaire, qui n’a pas fait grand bruit dans les médias, et on le comprend aisément, la récente escapade de jeunes européens vers les huttes africaines, stoppée net par la police, me laisse un rien songeur. Relaté par l’Agence de presse Reuters, c’est une histoire qui aurait pu devenir belle ou dramatique, et qui pourrait même inspirer un de ces thrillers dont il a le secret à… Boubakar Diallo, assis sur la bosse de son dromadaire. «Trois enfants - deux filles et un garçon - âgés de cinq, six et sept ans, qui voulaient partir en Afrique pour fuir la rigueur de l'hiver allemand ont vu leur rêve s'évanouir à la gare centrale de Hanovre, où ils ont été "cueillis" par la police». Oh, les pauvres chérubins, s’exclamerait, pleine d’admiration, ma grand-mère, dans son lointain village!
Mais, l’histoire est encore plus pimentée, plus émouvante, lorsqu’on apprend, foi des «Dernières Nouvelles d’Alsace», qu’en réalité, «Mika et Anna-Lena, sept ans, qui s'aiment beaucoup, décident de se marier en Afrique, où il fait chaud»! Décidés et plein de ressources, ils choisissent Anna-Bell, cinq ans, pour témoin. «Le matin du jour de l'An, les trois bouclent leurs bagages, lunettes de soleil, affaires de plage, vêtements légers et quelques provisions. Ils quittent leur domicile à Hanovre, marchent un kilomètre, prennent le tramway pour la gare d'où part la navette pour l'aéroport. Sur le quai, s'arrête l'aventure: ils sont repérés. Enfin!»Belle histoire à méditer au Nord et au Sud, non?
SOURCE: "http://www.fasozine.com/index.php/ENTRE-NOUS/ENTRE-NOUS/Africa-dream.html"
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