Gisèle Hountondji

Publié le par Eva

Gisèle Hountondji est la première femme romancière béninoise.
Gisèle Hountondji est née en 1954 à Cotonou d’un père Inspecteur des Chemins de fer. Petite, elle est éduquée par sa tante paternelle dont le mari était instituteur. Elle fréquente le Cours Secondaire Sainte Jeanne d'Arc à Abomey, avant de quitter le Bénin à 18 ans, pour continuer ses études à la Sorbonne à Paris.
Licenciée en Anglais, elle rentre à Cotonou au Bénin en 1984.
 
Cette Femme de lettres devient alors Interprète de conférence...
En 1986, Elle publie "Une Citronnelle dans la neige", un roman édité à Lomé par Les nouvelles éditions africaines (NEA).
 
C’est une femme pour le moins discrète qui contribue à l’émergence d’une écriture féminine au Bénin.
Elle critique la vision bipolaire du monde par la dénomination des axes : Axe du Bien- Axe du Mal.
Elle préfère analyser la condition des femmes  à travers ses romans, et n’oublie jamais de mentionner ses compatriotes et plus globalement la situation de l’Afrique.
Avec Une citronnelle dans la neige, elle indique que les béninoises peuvent et savent écrire autre chose que des poèmes. Elle y décrit en quelque sorte la France considérée à l’époque, comme un paradis, mais souligne que c’est un eldorado improbable. Le décor est marqué à la fois par un amour compliqué et par un relent de racisme surtout quand celui-ci provient des universitaires et des futurs beaux-parents de l'héroïne.
Gisèle Hountondji a beaucoup voyagé : France, Angleterre, Allemagne, Roumanie, Espagne, Hollande, Etats-Unis, Canada, et tous les pays limitrophes du Bénin bien-sûr.
Son deuxième roman paru en 1996 met en exergue l’histoire d’un jeune homme. Il est  intitulé « Daniel ». Après cette publication, elle est souvent appelée pour tenir des conférences et discuter avec des étudiants. Elle le fait dans le cadre du département des lettres modernes de l'Université Nationale du Bénin et surtout de la création d’une Unité de valeur en littérature féminine par le professeur Adrien Huannou.
Mais voyant que ses romans ne se vendent pas,  Gisèle Hountondji remarque : “Comment écrire pour des gens qui ne lisent pas?”
Elle dit qu’être écrivain au Bénin est une activité non rémunératrice. L'écrivain se nourrit de flatteries, de félicitations, d'honneurs, et de soutien verbal, bref, du vent. Comment expliquer cet état de choses?
 
Eternelle question qui hante les auteurs africains. Elle écrit donc dès 2002 plusieurs chroniques dans La nouvelle tribune à Cotonou.
Oui et en voici quelques morceaux choisis :
« Eh bien si le Centre culturel français n'existait pas, il n'aurait pas fallu l'inventer. Ainsi les Béninois se serviraient de leurs méninges paresseuses pour comprendre,,,, comprendre que si ce Centre n'existait pas, aucun artiste béninois ne serait connu du public... Ne parlons pas de la bibliothèque; elle est constamment assaillie par les nègres et leurs négrillons ... à la recherche de culture française ... ou à la promotion d'une langue française à enseigner dans les écoles. Et les Français ne sont pas bêtes, Pendant qu'ils s'évertuent à promouvoir et à faire rayonner leur langue dans une Afrique dite décolonisée, les nègres, eux, s'emploient à enterrer la leur. »
A mon avis, la cause remonte à la période coloniale et à l'arrivée des missionnaires, où toute chose écrite était distribuée gratuitement: bible, annales, encyclopédies, livres scolaires.
 
 
 
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Publié dans REINES D'AFRIQUE

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