Sawtche, VENUS HOTTENTOTE
Son vrai nom, c’était Sawtche. Elle était native de la région du Cap en Afrique du Sud et vécut de 1790 à 1815.
Les écrits supposent qu’elle appartenait à l’ethnie des Khoï-Khoï, ceux-là même que les colons rebaptisèrent Hottentots. La région du Cap devint une colonie de peuplement quand dans les années 1650, les colons hollandais décidèrent de s’y installer, alors-que les Khoï-Khoï refusaient de céder leurs espaces.
Vers 1810, ses parents ayant été massacrés, la jeune Sawtche se retrouvait en esclavage dans la ferme d’un colon quand celui-ci reçut la visite de son frère venu d’Europe. Bien au fait des clichés humiliants diffusés sur les noirs en Europe à cette époque-là, il persuade son frère de déporter la jeune Sawtche afin de l’exhiber sur les places publiques. Il faut dire que les scientifiques occidentaux considéraient que les femmes hottentotes étaient anormalement fessues et qualifiaient leur anatomie de « tablier hottentot ».
Elle prit donc le premier bateau de sa vie pour l’Angleterre ne se doutant pas qu’elle allait subir la pire des humiliations. La traversée des mers dura trois mois, et à l’arrivée son nouveau maitre essaya de la vendre à des patrons de cirque ou aux antiquaires sans succès ; il lui vint alors l’idée de louer une salle à Picadilly, où il monterait un spectacle d’exhibition avec Sawtche comme principale attraction. Ce qu’il fit... on pouvait ainsi voir la jeune fille enfermée dans une cage, un pagne traditionnel autour de la taille, la poitrine dévêtue, jouant de la goura, instrument Khoi-Khoi. Les spectateurs n’hésitaient pas à ouvir le pagne pour voir ce qu’il y avait en dessous. C’était le spectacle en vogue de Londres, néanmoins, en Novembre 1810,, suite à une plainte déposée contre son maître par des militants anti esclavagistes, Sawtche fut interrogée dans un tribunal par des juges. Impressionnée par la foule, intimidée aussi et surtout soumise et docile, ses déclarations n’inquiétèrent pas son maître. Elle lui fut donc rendue. Un an plus tard ils évoluent à Manchester et elle est rebaptisée Sarah mais le spectacle est érodé et le maître ruiné s’installe à Paris. Là-bas, Sarah sera vendue à un montreur d’animaux français, et rebelote...
On la montre dans les rues, dans les salons mondains, elle fut même prêtée au musée d’histoires naturelles de Paris pour observation de son anatomie mais elle défend son intimité. Les scientifiques considéraient qu’elle avait une anomalie génitale.
Le 29 décembre 18 15, Sawtche mourut mystérieusement à l’âge de 25 ans. Son corps se retrouva sur la table de dissection de Cuvier, au Laboratoire d’anatomie du jardin des plantes. Ses parties génitales furent prélevées et placées dans des bocaux de formol. Son corps fut moulé dans du plâtre jusqu’à ce que des féministes dénoncent en 1980, cette exploitation de l’image de cette femme.
C’est en 1994 que son corps et ses parties génitales seront réclamés par l’Afrique du Sud à la France. Enjeu diplomatique, devenue symbole du racisme blanc, elle regagna enfin la terre de ses ancêtres le 9 aout 2002 à Hankey dans une vallée à l’est du Cap, où elle fut inhumée selon les rites traditionnels.
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