Nongquase

Publié le par Eva

Nongquase est une prophétesse tristement célèbre qui vécut fin 19ème et début 20ième siècle en Afrique du Sud. La jeune fille de 16 ans vivait dans le pays Xhosa dans la région du cap et entraina son peuple dans la décadence vers 1856.
 
A la mort de ses parents elle fut élevée par son oncle, médium. Toute son enfance fut donc articulée autour de croyances occultes. Son ethnie vivait sur le bord est de la Fish River, qui établissait une frontière naturelle avec le territoire occupé par les immigrés hollandais. Ceux-ci gagnaient de plus en plus de terrain au détriment des peuples autochtones.
 
Ce jour-là alors qu’elle rentrait de la forêt toute essoufflée, elle raconta à son tuteur qu’elle avait eu des visions. Elle dit que les esprits l’avaient désignée pour sauver son peuple, pour aider son peuple à retrouver la liberté.
 
Mais alors comment cela devait-il se faire ? C’est ce qui lui vaut sa réputation.
 
Elle rapporta que les esprits exigeaient que son peuple brûle toutes les récoltes et qu’il abatte tout le bétail. Elle le répéta ainsi  à tout le village et quelques jours après elle retourna au bord de la fish river avec les villageois. Et là, alors qu’elle invoquait  les esprits, une villageoise entra en transe et se mit à parler avec un ancêtre. Depuis ce jour-là, la réputation de la jeune adolescente fit le tour de la région.
 
Elle prédit qu’il y aurait deux soleils, que le ciel tomberait et écraserait les étrangers, et ceux des autochtones qui ne respecteraient pas les recommandations des esprits. Aux sceptiques elle prédisait un tourbillon de feu. Dans le nouveau cycle de vie, les pâturages reverdiraient et les têtes de bétail réapparaîtraient.
Imaginez le tableau :
Plantations incendiées, animaux égorgés, mugissements horribles, bêtes agonisantes…
Ceux qui ne voulaient pas sacrifier leurs animaux les vendirent à vils prix. La prêtresse avait fixé le jour fatidique au 15 Août 1856 mais rien ne se déroula comme prévu.
Les villageois attendirent 10 mois. Pendant cette période, on parle de 50 000 têtes de bétail tombées. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la sécheresse survint peu après, décimant même les populations.
 
Un autre délai fut donné par la prêtresse, le 18 février 1857, mais évidemment, il ne se passa rien.
 
 
Les Xhosas se rendirent compte de leurs crédulité. La réalité était horrible à regarder.
3 à 400 000 bêtes massacrées, 50 000 personnes mortes de faim.
 
Par cette tragédie, survint le déclin des Xhosas. La prophétesse quant à elle s’enfuit de l’autre côté de la fish river pour y trouver refuge et se placer sous la protection britannique. Elle fut par la suite employée par des fermiers blancs, prit le nom de Santa Regina. Elle mourut à l’âge de 69 ans, en 1909.
Cette jeune fille suscite encore la polémique actuellement en Afrique du sud car certaine personnes interprètent cette macabre histoire comme un suicide collectif, destiné à mourir plutôt que de vivre sous la domination étrangère.
 
 
 
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Publié dans REINES D'AFRIQUE

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