Femmes de Nder
Vivre libre ou mourir les Femmes de Nder.
Au 19ième s, le Walo était un royaume situé dans le nord du Sénégal. C’était une province prospère à l'embouchure du fleuve Sénégal. Le fleuve séparait le Walo de la Mauritanie. Au 19è siècle, les maures voulant contrôler le Walo, y perpétraient des razzias, ceci afin d'empêcher la région de tomber sous domination européenne.
C'est ainsi qu'en 1818, dans un village Walo qu'on appelait NDER, un Mardi, survint une tragédie. Le Brak (le roi) était à Saint-Louis pour soigner une blessure reçue lors d’une bataille contre les Maures justement. Les dignitaires étaient du voyage et la cavalerie les accompagnait.
Alors que les hommes étaient aux champs, ou à la pêche, à des kilomètres des foyers, les maures avec une troupe de Toucouleurs conduits par le chef Amar Ould Mokhtar décidèrent d’envahir les villages, sachant qu'il n'y avait que des femmes et des enfants. Les femmes prévenues de l’arrivée de ces troupes par une des leur qui puisait de l’eau non loin du village décidèrent aussitôt d'organiser la résistance.
Alors que les hommes étaient aux champs, ou à la pêche, à des kilomètres des foyers, les maures avec une troupe de Toucouleurs conduits par le chef Amar Ould Mokhtar décidèrent d’envahir les villages, sachant qu'il n'y avait que des femmes et des enfants. Les femmes prévenues de l’arrivée de ces troupes par une des leur qui puisait de l’eau non loin du village décidèrent aussitôt d'organiser la résistance.
A la hâte, elles expédièrent les enfants se cacher dans les champs avoisinants. Puis elles se précipitèrent dans leurs cases pour en ressortir vêtues comme des hommes, et avec des armes : coupe-coupe, lances, gourdins et même des fusils qu'elles s'apprêtaient à manier pour la première fois.
Amazones d'un jour, ces femmes se battirent avec l'énergie du désespoir. Face à la farouche détermination des survivantes, le chef Amar Ould Mokhtar donna l'ordre de dispersion à ses troupes.
Tenu en échec par des femmes, le chef maure savait cependant qu'elles ne résisteraient pas longtemps. Ne voulant pas risquer d'abîmer la « marchandise », il comptait revenir plus tard, afin de les prendre vivantes pour en tirer un meilleur prix sur les marchés d'esclaves.
Les femmes du Walo savaient qu’elles ne pouvaient subir une seconde attaque.
Les femmes du Walo savaient qu’elles ne pouvaient subir une seconde attaque.
Alors, Mbarka Dia, la confidente de la linguère (reine) Faty Yamar harangua ses compagnes au milieu des lamentations et des hurlements de douleur:
« Femmes de Nder ! Dignes filles du Walo ! Redressez-vous! Préparons-nous à mourir ! Femmes de Nder, nos hommes sont loin, ils n'entendent pas nos cris. Nos enfants sont en sûreté. Mais nous, pauvres femmes, que pouvons-nous contre ces ennemis sans pitié qui ne tarderont pas à reprendre l'attaque ? »
« Nous serons capturées comme le furent nos mères et nos grands-mères avant nous. Nous serons traînées de l'autre côté du fleuve et vendues comme esclaves. Est-ce là un sort digne de nous ? »
« Préférez-vous qu'on dise plus tard à nos petits enfants et à leur descendance : Vos grands-mères ont quitté le village comme captives ? Ou bien : Vos aïeules ont été braves jusqu'à la mort ! »
« Que celles qui sont d'accord me suivent dans la grande case du conseil des Sages. Nous y entrerons toutes et nous y mettrons le feu... C'est la fumée de nos cendres qui accueillera nos ennemis. Mourrons en dignes femmes du Walo ! »
Mbarka Dia ferma la porte. D'un geste précis, elle enflamma une torche et sans même un tremblement, la lança contre l'une des façades de branchages. A l'intérieur de la case, les femmes serrées les unes contre les autres, entonnèrent, comme pour se donner du courage, des berceuses et de vieilles chansons.
Les chants faiblissaient... remplacés par de violentes quintes de toux.
Toutes les femmes de Nder avaient péri. Sauf une, une jeune mère qui n’avait pas supporté l’idée de mourir asphyxiée. C’est elle, témoin de cette effroyable fin qui la raconta aux hommes lorsqu’ils rentrèrent de leurs plantations.
A partir de ce jour et pendant très longtemps, s'instaura dans le village de Nder un rite, le «Talata Nder », pour honorer la mémoire de ces héroïnes chaque année, un mardi du mois de novembre. Mais aujourd'hui, il semble que cette tradition ait disparu, MALHEUREUSEMENT.
Publicité