La Grèce, le FMI, l’Europe ont peur… Et le monde alors ?

Publié le par Eva

A travers la situation de faillite que connait la Grèce depuis quelques mois déjà, il faut être extra-terrestre pour ne pas se poser des questions.

Depuis la crise financière qui a ébranlé les économies mondiales au cours de l’année 2009, une série d’événements curieux dans la sphère de la mondialisation montre son insistance. A peine sortis de cette crise financière répercutée sur tous les continents, quelques pays dont la Grèce nous rappellent que l’équilibre n’est pas atteint, pire il est très instable.

Le FMI, gendarme financier du monde accourt au chevet d’un pays européen : la Grèce.

Le pays devient un genre de relique aujourd’hui alors qu’il est le symbole de la civilisation des gens du Nord. La Grèce, terre de Zeus, d’Héra et de tous les autres dieux hellènes, a mal dans ses entrailles, pis, elle tremble d’effroi et cette peur se répand dans le continent tout entier.

Le système, qu’il soit capitaliste ou socialiste ou même communiste montre ses limites partout. L’Europe doit-elle repenser son mode de fonctionnement ? Refonder ses bases ? L’avenir européen est-il encore garanti par la bonne santé de sa monnaie ou de son économie ?

La monnaie unique pour une union européenne démontre ici quelques limites, et les soubresauts de la Grèce se font ressentir d’abord chez ses voisins et comme les répliques d’un tremblement de terre, l’Europe craint un effet domino ou boule de neige. A qui le tour après la Grèce ? Au Portugal ? A l’Espagne ? A l’Italie ? A la France ? L’avenir nous le dira…

Ce qui est certain, c’est que notre monde s’essouffle, il est de plus en plus vulnérable. Il subit les effets d’un fonctionnement en perpétuel surrégime. Démocraties ou dictatures, toutes logées  à la même enseigne.

Peut-être la terre demande-t-elle un temps de jachère pour reconstituer ses réserves.

Les pays européens ne savent pas gérer la crise de la monnaie unique, quid de ceux qui proposent aux malheureux grecs de se serrer la ceinture et quid de ceux qui jettent le discrédit sur l’action du Fmi. Les atermoiements des uns et des autres prouvent que l’Europe est dépassée par les événements et donc elle n’aura jamais mieux mérité qu’aujourd’hui son surnom de Vieux Continent. Serait-il possible que le Vieillard du monde jette l’éponge au profit de nations émergentes ?

La mondialisation prendrait alors ici tout son sens, car la fin d’une époque sonnée par la crise grecque est signe de nécessité de transition ou de passage de relai. L’euro qui a apporté un souffle nouveau dans les économies européennes montre aujourd’hui le revers de la médaille de l’Union. L’union fait la force, oui enfin, quand tout le monde est serein. Mais là, la peur entre dans les rangs de l’Union alors sera-elle  encore assez forte pour tenir et relever les plus faibles ?

Les frontières au niveau de l’Europe sont bannies mais au-delà, elles demeurent…  Pourtant comme le disent certains observateurs, le monde est un village planétaire. Serait-il temps de rentrer dans la phase 3 de la mondialisation ? Celle où chaque homme se sente solidaire de son voisin ? Celle où la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux soit certes régie par des lois éthiques mais débarrassées de toutes volontés d’isolation ou d’enfermement ? Dans un vaste marché, chacun est libre de jeter ou non un œil sur tel ou tel autre étal, d’entrer ou non dans un stand, une boutique…

Pourquoi le monde qui est un vaste marché ne fonctionne-t-il pas comme tel ?

L’impérialisme, la cupidité, l’individualisme sont en train de recevoir la claque qu’ils méritent. La revanche du vent de l’histoire en pleine figure. La gifle est cinglante, et elle paralyse ce monde en lui faisant voir comment elle peut l’atteindre. Que ce soit par le biais d’une fumée noire dans le ciel, clouant ainsi les échanges internationaux à un point d’immobilité et de panique généralisée ou par le moyen de crise financière sans précédents  entrainant la banqueroute d’Etats entiers  et faisant ainsi craindre une propagation fulgurante comme certaines fièvres tropicales.

Les fondements même de la civilisation moderne sont affaiblis. Alors que les gendarmes de se monde agissent avec abnégation et sagesse au lieu de continuer à donner des leçons ou remèdes qui n’agissent de toute évidence plus sur la Nécrose mondiale.

Est-il possible que le calendrier Maya se réalise ? C’est un autre débat mais il appelle à la réflexion. La condition humaine est décidément très complexe à analyser et même mes élucubrations ne sont qu’un grain de sable dans le désert sahélien.

 

© Eva Hendrickx- copyright mai 2010

Publié dans BILLETS D'HUMEUR

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Wu Shen 07/04/2011 21:58


Interview très intéressantes!
Ne faut-il pas faire comme les peuples tunisiens et égyptiens qui savent très bien que leurs dictateurs n'étaient que les laquets du FMI,de la banque mondiale, de l'UE et des Etats-Unis (les
gouvernements bien sûr!)!
La dette des pays africains, de même la dette des pays européens, n'est pas celle des peuples!
Les révolutions au Maghreb sont loin d'être terminées. Il faut faire la même chose partout.
Sarkozy qui va en guerre pour les Etats-Unis, n'est que le porte-coton de StraussKhan, son supérieur au niveau de la planète FMI, comme l'étaient les Ben Ali, les Moubarak!...
Encore bravo pour ces articles de fond.
Wu shen


OrangeOrange 02/05/2010 17:47


Cher Dimitri, …

Lettre ouverte à un ami grec, vue sur Pnyx.com ( http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/659 ), accompagnant la question-débat au coeur de cette crise :

Europe, un mariage "Pour le meilleur et pour le pire" ?