COPENHAGUE 2009

Publié le par Eva

Alors que la planète peine sous la menace d’une catastrophe climatique de grande envergure, les 192 repartent de Copenhague avec des vœux pieux.

Echec des prérogatives du Bella center qui n'aura décidément pas bien porté son nom...
 

Derrière des paroles optimistes et encourageantes, les dirigeants des grandes puissances ont malgré tout  affiché une mine patibulaire. Dépités de n’avoir pu signer un accord international ou simplement satisfaits d’avoir réussi à donner au monde des promesses d’engagements nationaux pour la réduction des gaz à effets de serre.

 

Un seul objectif pour les clivages habituels : Sauver la Planète mais tenir compte des besoins de croissance des uns et des autres qui évidemment diffèrent du  Nord au Sud.

 

Les scientifiques affirment : qu’un réchauffement climatique de trois degrés signifierait une augmentation de 170 millions du nombre de personnes menacées par des inondations sur les zones côtières tandis-que 550 millions d’autres seraient exposées au risque de famine. Près de la moitié des espèces animales seraient, en outre, menacées d’extinction. Même si elle était limitée à deux degrés, la hausse des températures se traduira de toute façon  par une forte baisse des récoltes dans les zones tropicales et une multiplication des inondations et des épisodes de sécheresse.

 

Voilà les résultats pour le moins alarmistes de certaines études menées par les climatologues à travers le monde.

 

Etant conscients de ces paramètres, les 192, au lieu d’aboutir à un texte juridique contraignant et obligatoire ont malheureusement encore prouvé que les intérêts des uns ne sont pas en accord avec ceux des autres. Alors-que le monde prend conscience que malgré la richesse des uns,  la planète toute entière est fragile et sur le même pied d’égalité face aux méfaits de cette hausse des températures.

Il n’en demeure pas moins que la question sempiternelle de l’égalité des chances reste. Les pays les plus pauvres sont encore plus fragilisés par cette menace et sont obligés malgré tout de consentir des efforts de réduction d’émissions de gaz polluants alors qu’ils se préoccupent en même temps de leur propre croissance.

COP 15 a vu une alliance de l’Europe et des pays émergents avec ceux en développement comme si nous revenions à une sorte d’alliance qui rappelle l’époque des pré-carrés : La France, l’Angleterre et l’Allemagne très VRPs du climat ont inlassablement cherché le soutien de l’Afrique et des pays émergents.

 

Le monde est-il dupe de ces conciliabules ? Faut-il fermer les robinets du pétrole, du gaz, ou des autres énergies fossiles, de la manne du bois ?

L’Amérique quant-à elle en a profité pour discuter avec la Russie pour un désarmement nucléaire… Ces objectifs sont-ils réalisables ou nous jette-t-on de la poudre aux yeux ?

 

Les riches promettent 100 milliards de dollars par an d’ici 2050 afin d’aider les pays pauvres pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Voilà un sacré mea-culpa pour ceux qui  écartent à hu et à dia toute velléité de repentance quelconque. La vérité est que les inégalités engendrées par tous les systèmes impérialistes d’hier, rejaillissent aujourd’hui dans ce qui est un échec notoire du quinzième sommet sur le climat. Les faibles veulent atteindre ou tout au moins se rapprocher du niveau de développement des riches mais ne sont pas prêts à consentir les mêmes efforts que ces derniers car ils n’en sont tout simplement pas capables. Dans les pays en développement, la majorité de la population n’a pas accès à l’électricité, ni à l’eau et vit en dessous du seuil de pauvreté. Alors comment demander à ces pays d’accentuer la misère de leurs populations au nom de la sauvegarde de la planète ? Situation très délicate que vit le monde actuellement.

 

Malgré sa souffrance, le Sud consent néanmoins à réduire ses émissions de gaz polluants. La chine aussi promet de ne pas enterrer définitivement le traité de Kyoto. L’inde est d’accord pour faire des efforts, l’Afrique attend la sempiternelle aide au développement qui est au demeurant toujours mal réinvestie, à cause de la gabegie, de la corruption et de l’inconscience de ses dirigeants.  

 

 

 

 

 

Les 192 sont parvenus à s’entendre sur l’importance des financements innovants. Que cache cette expression ?

Globalement, des chiffrent tombent : 10 milliards de dollars par an jusqu’à 2013 et 100 milliards jusqu’ à 2050.

Barack Obama a parlé  de l’innovation, de la science, des énergies propres, de la recherche, du développement. Mesures quantifiables et qualitatives, semble-t-il mais des questions demeurent : quelles sont les moyens concrets pour atteindre ces objectifs ? Quel est le plan d’action que chaque pays mettra sur pied pour parvenir à tenir ces promesses ?  Quels sont les domaines précis sur lesquels il faudra agir pour limiter les gaz à effet de serre ? Quelle sera l’instance de régulation chargée de vérifier que chaque pays respecte ses promesses ? A quel rythme effectif chaque pays devra-t-il apporter la preuve de son action pour la préservation de la planète ?  Cette aide promise aux pays en développement sera-telle gérée en conséquence et est-elle allouée sans contre partie ? Cette fameuse aide est-elle synonyme d’endettement supplémentaire des pays pauvres ? A quand un sommet africain pour l’écologie et le climat ? Pourquoi la question de l’énergie solaire ne devient-elle pas une question universelle ? La science qui est si alarmiste étudie-t-elle autant cette question que la question de l’accès à l’eau pour tous, l’accès aux médicaments pour tous, l’accès à l’électricité (bien sûr il est question ici d’une l’électricité alimentée par une énergie propre) pour tous ?  Voici quelques questions sous-jacentes à la problématique de COP 15. A défaut d’un traité juridique ou d’un accord contraignant, les 192 ont vraisemblablement tous pris le baromètre de l’avenir de la planète. La chine a joué son rôle de super future puissance, l’Europe quant-à-elle, s’est attelée à vouloir peser sur toutes les décisions en souvenir de son passé glorieux et impérialiste, les Usa ont constaté que le monde a changé et qu’ils doivent désormais partager chercher le consensus quoi qu’il arrive car nombreux de leur pays voisins comme le Brésil ou même l’Inde n’ont pas l’intention de s’en laisser compter sans prendre la parole… Ceci grâce à deux petits degrés qui permettront au monde de retrouver un léger équilibre ! En somme, les grands de ce monde se sont fait peur, se sont déchirés pour accoucher, d’un accord approximatif, de vagues promesses d’efforts à consentir pour le bien des êtres vivants.

 

La phrase de l’homme le plus puissant du monde ressemble à  un aveu  d’échec : «  Il faut capitaliser cette dynamique de Copenhague 2009 ».

Pour ma part, j’ai en tête l’image d’un chasseur contraint de nourrir sa famille affamée qui va à la chasse avec un fusil défectueux et qui est obligé de rentrer chez lui avec une besace remplie d’herbes sèches.

 

NOTE : Pour rester sous la barre des deux degrés, les scientifiques estiment qu'il faut diviser au moins par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050 (par rapport à 1990).

 

Pour la petite anecdote, lorsque j’ai lu la phrase précédente à ma fille, elle m’a demandé avec un air grave et concerné : En 2050, serons-nous même encore là pour voir les effets de notre inconscience ?


Copyright Eva Hendrickx

Publié dans BILLETS D'HUMEUR

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