Christiane Yandé Diop

Publié le par Eva

Christiane Yandé  Diop a presque 83 ans aujourd’hui. Elle est la première femme noire dirigeant une grande maison d’édition à Paris. Elle dirige aujourd’hui les éditions Présence africaine, héritées de son mari Alioune Diop et fondées en 1947 par son mari.

 

Dès 1941, elle suit et assiste des amis qui feront la gloire de l’identité négro-africaine. Il s’agissait de son mari Alioune avec Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Rabemananjara, le poète malgache et Théodore Monod, fondateur de l’institut français d’Afrique noire.

 

C’est en 1980, après la mort d’Alioune de quinze ans son aîné que Christiane Yandé Diop, la petite fille du littoral camerounais, de Douala plus précisément, hérite de la maison Présence africaine basée sur la célèbre rue des écoles à Paris.

 

Depuis elle continue de porter la voix sur les questions noires à travers le monde.

De colloques en ateliers, Christiane Diop continue de favoriser l’émancipation des noirs. Elle fait partie des intellectuels qui soutenaient les premiers mouvements noirs américains comme Harlem Renaissance.

 

Dans les années 50-60, ces soutiens ne lui ont pas valu due des lauriers car les ennuis politiques sont survenus. Il y a eu des censures à l’occasion de la sortie d’un film intitulé « les statues meurent aussi » que Présence africaine avait financé en 1953 et confié à Chris Maker et Alain Resnais, deux cinéastes français. Le film avait été interdit pendant 10 ans car il était considéré comme anticolonialiste.

Elle dit aujourd’hui qu’elle ne désespère pas et espère, je cite que : « la négraille se remettra debout ».

 

A la question de savoir pourquoi sa maison d’édition n’est pas installée en Afrique elle répond que sa présence à Paris capitale de l’ex-colon est tout un symbole.

 

Elle dirige l’une des rares maisons d’édition à réimprimer régulièrement les ouvrages classiques de Senghor, Césaire et Anta Diop.

Je vais finir cette chronique par une Phrase d’Aimé Césaire : «je pousserai le grand cri si fort que les assises du monde en seront ébranlées » le contenu des textes  a changé mais le combat demeure le même.


Depuis 2009, Christiane Diop est chevalier de la légion d'honneur, au titre des 60 ans d'activités professionnelles dans les domaines de l'édition et de la littérature.  Le 7 avril 2009, elle est ainsi reçue à l'Elysée pour la célébration de sa décoration.

 

 

 

Publié dans REINES D'AFRIQUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article